DES PERES AU COMBAT

BD en préparation

 

 

UNE COLLABORATION RENAUD COJO / SANDRINE REVEL

 SORTIE PREVUE 2020

CONTEXTE

 

Qu’ils se mesurent aux vertiges de grues immenses, où qu’ils commettent l’irréparable d’une non-présentation de l’enfant au foyer de leur mère afin d’afficher publiquement leur colère, les pères divorcés en France vivent le plus souvent une inguérissable injustice quant à la garde de leurs enfants. En France, l’égalité de principe entre parents est garantie dans les textes et renforcée depuis la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale. En pratique, les pères restent souvent discriminés. Les statistiques de l’Insee de 2005 éclairent : après un divorce, 18% des enfants ne voient plus jamais leur père et seulement 42% des enfants le voient au moins une fois par mois.

Cette injustice conduit à un manque de repères de l’enfant vis à vis de son père, car aujourd’hui en France, malgré l’amélioration des textes de lois1, le principe de « résidence alternée » ne constitue que 12 pourcent de la réalité2. A cet écueil souvent ignoré, Le parent titulaire de la résidence se permet parfois d’exercer une forme d’aliénation parentale capable de détruire l’image de l’autre parent, et ce, au risque d’un désordre psychologique profond chez l’enfant.

Le  poids des préjugés (et de la coutume visant à prôner le « tout maternel ») est encore bien présent sur le rôle de chacun des genres dans l’éducation : au père l’entretien financier, à la mère l’éducation au quotidien.

A ces éléments objectifs s’ajoute le développement de stratégies de contournement par le parent titulaire, rendant impossible le prononcé de la résidence alternée ou réduisant à néant le jugement qui l’accorderait : le déménagement ou les accusations diffamatoires de l’inorganisation du père ou au pire, de sa violence, sont les moteurs de ces feintes.

Les séparations actuelles de quinze jours («un weekend sur deux») qui sont la norme en matière de droit de visite et d’hébergement, sont de nature à provoquer également des traumatismes répétés à l’enfant et ne garantissent nullement le maintien du lien affectif avec les deux parents.

 

SYNOPSIS

 

Dans ce contexte sociétal, Marc agent immobilier à Bordeaux, vit heureux malgré un dicorce difficile avec Rose. Après un remariage avec Véronique, il décide en février de cette année 2016, d’entamer pour la première fois en huit ans, une procédure de demande de garde alternée auprès du Tribunal de Grande Instance de Bordeaux afin de veiller à l’accompagnement de sa fille Mona rentrée en 6 ème, avec laquelle il a établit pendant ces années de garde « classique », des relations privilégiées.

Hélas, sa demande se heurte à des fins de non-recevoir de la part de son ex-compagne, et ce malgré les demandes formulées régulièrement par Mona elle-même.

Les rapports conclusifs et agressifs de l’avocat engagé par la mère de la jeune fille ne tenant compte aucunement du bien-être de son enfant, Marc s’engage alors au cours des quelques semaines qui le séparent de décision de justice, dans une véritable réflexion qui conduit son avocate, Maître Bautreau, à citer un jour de façon fortuite, le nom d’André Fourquet, principal acteur du « Drame de Cestas » (1969). A partir de cet instant, Marc n’aura de cesse de faire lien avec sa propre histoire et celle, effroyable, qui se sera déroulée à quelques kilomètres de son domicile une cinquantaine d’années auparavant. Marc tente alors de retrouver les lieux, d’exhumer cette mémoire arrachée à la forêt grandissante. Alors que le caractère absolu du fait divers aurait pu créer jurisprudence, Marc fouille dans le passé de ce drame pour y nouer sa propre histoire et son propre ressentiment quand au devenir du combat des pères. La dernière semaine de l’attente du jugement est vécue en parallèle avec la dernière semaine d’André Fourquet et de ses enfants, Aline et Francis.

SANDRINE REVEL

Prix ARTÉMISIA pour « Glenn Gould, une vie à contretemps », primée au festival International de la Bande-Dessinée d'Angoulême, au salon du livre de Montréal et nominée aux Eisner Awards, au Comic-On Intrnational de San Diego, Sandrine est toujours en quête de nouveaux défis. Peintre et illustratrice, elle travaille pour la presse et expose ses toiles entre Paris et Bordeaux mais reste avant tout, créatrice de bande-dessinée. Après des études aux beaux-Arts de Bordeaux dans les années 90,  Jelle publie son tout premier livre en  1996 et n'a jamais arrêté depuis. Elle a réalisé une vingtaine de BD en vingt ans et multiplie les projets entre la presse (Sud Ouest, Milan, Hachette…) et l'édition (Delcourt, Dargaud, Dupuis, Casterman,  Glénat, Les Arènes…)

 

LE FAIT DIVERS : LE DRAME DE CESTAS

 

L'affaire Fourquet a défrayé la chronique judiciaire à la fin des années 60, en cela qu’elle fut considérée comme la première prise d’otages médiatisée à travers le monde entier et soulevant de manière effrayante le problème du partage de la garde des enfants en cas de divorce. Elle s'est déroulée entre le samedi 1er fevrier 1969 et le lundi 17 fevrier 1969 à la ferme du Sayet a Gazinet, commune de Cestas en Gironde.

André Fourquet 38 ans décide en ce début 1969 d’informer ses enfants de son désir de ne pas les remettre à leur mère après le week-end dont il a la garde. Dés lors, il installe avec la complicité de ses enfants, un véritable siège avec armement et règles de conduite à tenir afin d’obtenir un droit de garde définitif contre l’avis de la justice. Chantal, l’ainée fuit le domicile à pied dans la nuit pour regagner à vingt kilomètres de là, le domicile bordelais, où vit sa mère Micheline et son compagnon par lequel elle a décidé de se séparer de son mari André. Ce n’est pas la première fois qu’André tente ce type de siège.

Francis 11 ans et Aline Fourquet 13 ans, décident alors de lier leur sort à celui de leur père. Rapidement la Gendarmerie Nationale et son représentant le commandant Cardailhac , un médecin parisien, un photographe téméraire, une armada de journalistes, campent aux alentours de la ferme. Ils seront également les acteurs de ce drame. André Fourquet déclare « Si vous tentez quoi que ce soit, je me tue après avoir tué les enfants ». Entre tergiversations, tentatives de négociations, non présentation de la mère à la ferme après les demandes renouvelées de Fourquet, visites du médecin pour veiller à la santé de le petite Aline, la situation ne cesse de s’intensifier au fur et à mesure des humeurs d’André, du manque de provisions et de la fatigue qui s’accumule de part et d’autre. Ainsi le 11 Février le gendarme Carratala, essuie une balle perdue de Fourquet. Il meurt dans la journée.

Après que les négociations aient échoué, les forces de l'ordre donnent l'assaut au matin du 17 février. Fourquet se donne la mort après avoir tué les deux enfants. Lors des funérailles la mère des enfants, est prise à parti et manque d’être lynchée par une partie de la population qui la tient pour responsable du drame car elle n’a pas voulu voir son ex-mari comme il le demandait lors du siège de Cestas.

Peu de temps après, le Sayet est détruit par la mairie de Cestas pour cesser les "pèlerinages" de curieux.

 

 

1 : L’article 18-1 la Convention internationale des droits de l’enfant (assemblée générale des Nations unies – résolution 44/25 du 20/11/1989) dispose : «Les États parties s’emploient de leur mieux à assurer la reconnaissance du principe selon lequel les deux parents ont une responsabilité commune pour ce qui est d’élever l’enfant et d’assurer son développement.»

 

2 : Réponse ministérielle publiée au JO du Sénat du 20 novembre 2014 : Pour les parents qui sont en désaccord sur la résidence des enfants, les juges fixent dans 63 % des cas la résidence chez la mère, 24 % chez le père et 12 % en résidence alternée.