La démarche de création est en effet pour Renaud Cojo au moins aussi importante que son résultat. En plaçant au même niveau des créations individuelles diffusées via le net et un travail référencé par la communauté théâtrale, Cojo sait qu'il fait bouger les lignes et le regard sur cet artisanat diffusé au jour le jour sur la Toile. Et c'est au nom du désir qui habite chaque créateur, quel qu'il soit, qu'il réhabilite l'art dans ses formes non institutionnelles. 

Eric Demey (Mouvement, Juin 09)


Sur le plateau, savant bric-à-brac, une cabine téléphonique rouge, réplique de celle qui figure sur la pochette de l'album, des fauteuils très kitsch, une table de travail et une foule d'écrans qui dévoilent le projet. Avec ses compagnons de folie, tous coiffés comme lui de perruques ziggyesques, Cojo va, vient, court, chante, filme, perché sur des Platform shoes insensées, s'amuse à se – et à nous perdre avant de retrouver son chemin. Embarqués avec un vrai plaisir dans ce délire savamment orchestré, on se surprendrait presque à attendre, avec son créateur, l'appel de Bowie pendant le spectacle.

 Nedjma Van Egmond (Le Point, Juin 10)


La schizophrénie du metteur en scène, de l'artiste, serait-elle annonciatrice d'une dégénérescence de l'espèce humaine ? La question émerge du savant mélange des genres concocté par Renaud Cojo, mais pas immédiatement. Avant, le public, conquis, hésite sur la façon d'ovationner la troupe : calmement comme dans un théâtre, ou fougueusement comme pour un concert de rock ? 

Anaïs Heluin (Les Trois Coups, Juin 10)


On voit en scène Cojo jouant Bowie jouant Ziggy Stardust, les trois si je puis dire, déboulant chez un psychanalyste, feuilleton hilarant qui ponctue le spectacle.
Les fans de Bowie y trouvent leurs billes et ceux qui ne le sont pas prennent tout autant leur pied car le dédoublement de personnalité appartient à tout un chacun. Et c'est là le pivot du spectacle, véritable magasin de farces et attrapes. Pourvu qu'on se laisse aller et qu'on ne cherche pas le fil de l'intrigue « il n'y en a pas », on est entraîné irrésistiblement dans les dérives identitaires de Cojo, ses tranches d'authenticité dont on se demande si elles ne sont pas en partie fabriquées. Délice de l'incertitude. 

Jean-Pierre Thibaudat (Rue 89, Juin 10)


Le thème du double, de la schizophrénie, du sosie, du fou fan, permet de coller les morceaux de ce show compulsif, hystérique et qui assume. Mi-enquête sur le cas Bowie-Ziggy, mi exorcisme du cas Cojo, cette flambée spectaculaire fait de la mise en scène du bordel son objectif numéro un et y réussit.
Rosita Boisseau (Le Monde, Juin 10)


Pourtant, des bottes roses aux collants argentés, Cojo entre dans la panoplie de Ziggy Stardust, s’acharne sur les traces de la star et s’interroge sur sa propre fantaisie créatrice et la nécessaire folie de l’art. Un spectacle plus profond que ne le laisse paraître d’abord l’irrésistible « potacherie »

Emmanuelle Bouchez (Télérama, Juin 10)