Cojo, sociologue d’origine, se livre avec délices à une sorte de redécouverte ethnologique des années 50 - qu’il n’a évidemment pas connues - avec quatre comédiens qui exercent leur talent à raconter des pans de mémoire familiale, sous forme de diaporama”... Valérie Ancel, Kader Baraka, Véronique Caille et Hubert Chaperon savent chanter et leur hymne au Formica est une petite merveille. Cojo, à partir d’objets et documents retrouvés a fabriqué un langage théâtral intelligent et efficace. C’est encore plus fort que ses désormais célèbres Taxidermistes. On y retrouve le décalé, l’intempestif, le mauvais goût revendiqué comme valeur sûre, la dérision, le refus du narratif - ce spectacle avance par saccades, et c’est à prendre ou à laisser. L’importance accordée à l’espace considéré est un des éléments majeurs de la matière théâtrale qui refuse le théâtre pour mieux le rattraper. 

Philippe du Vignal  (Cassandre)

 

Ces rites intimes, ridicules ou dérisoires Cojo les balance avec un vrai culot, alignant les stéréotypes pour mieux les déformer et les faire imploser... On à affaire à un machin tellement bizarre, cocasse, loufdingue, que l’album de famille, identifiable par fragments, est finalement impossible à classer. C’est le charme de la chose que de n’appartenir à aucun genre référencé... Ce qui surgit de cet heureux fatras se situe plutôt dans le rapport que chacun entretient avec soif de désordre et les perturbations possibles d’un théâtre à réinventer sans cesse.  

Sophie Avon (Sud Ouest)

 

Dans une mise en scène très originale Renaud Cojo propose un un bazar inextricable, un enchevêtrement de situations et de moments hétéroclites. Cette pièce jouée sur de faux rythmes avec une alternance de silences gênés et déchaînements déjantés, ne peut empêcher le spectateur de chercher des références à son propre passé... Il en a sorti des chromos beaux comme il faut, des stéréotypes gonflés à bloc jusqu’à la caricature. Sur la scène, alors que règne un immense charivari, les comédiens, avec beaucoup de justesse restituent des flots d’émotions qui sautent du coq à l’âne, d’un individu à un autre. 

Philippe Gonin (La Montagne)