Lolicom est une prouesse expérimentale qui mêle avec brio, vidéo et dessin animé japonais à l'action théâtrale. 

Joshka Shidlow (Télérama, Mai 1997)

 

Voilà partis les membres de Ouvre le chien à Tokyo pour y découvrir les mangas, les nouvelles technologies déjà ringardisées par la télé, les écolières en uniforme, carrefour de tous les fantasmes, les dessins bougés plus qu'animés et "l'internetisation " des esprits. Ils ont saisi tous ces matériaux exotiques pour créer un spectacle qui a lieu aussi bien sur le plateau que sur les écrans de télé, où sont projetés leurs production "japoniaises". Lesquelles vont du documentaire au dessin animé, en passant par la soirée de Noël, sans oublier une halte à la case pub où vous pouvez gagner quelques yens. Si l'on osait, on dirait que c'est le spectacle le plus débridé que Bordeaux puisse applaudir. 

 Pierre Hivernat (Les Inrockuptibles, Mai 1997)

 

Horrible et géniale. Cette oeuvre de Renaud Cojo est une réelle performance; il a su, l'espace d'une soirée et d'un spectacle, faire lentement glisser le spectateur vers son monde, ce monde qu'il a rebâti pour l'adapter au théâtre. Le résultat est une totale réussite : la mise en scène est d'une perfection déconcertante, l'ensemble de l'oeuvre rivalise d'originalité. Lolicom est une pièce atroce et effrayante, par la réalité qu'elle dénonce et la vérité qu'elle crie, par toutes ces images qu'elle nous force à avaler, tout ceci caché derrière le masque du manga et de la quête d'un certain idéal. Renaud Cojo réussit un certain pari, celui de marier l'extravagant manga à la réalité lassante, par le biais d'un théâtre décidemment très jeune. jusqu'au bout, Lolicom gardera son aspect particulier qui lui donne tout son charme. Jusqu'au bout les acteurs joueront le jeu. Jusqu'au bout flottera dans l'air cette idée démente. Jusqu'au bout restera cette pièce horriblement géniale. 

Vincent B (La Feuille)

 

Autant de scènes qui provoquent le spectateur, incitant une réflexion parfois désabusée sur une époque à venir, où l'attrait des mondes virtuels au travers de jeux de plus en plus sophistiqués pourrait faire perdre le sens des réalités. 

La Voix du Nord

 

Pour mieux déjouer une fascination dont elle se défend d'être dupe, la mise en scène multiplie les distances. Le spectacle dessine alors un numéro de funambule entre dérision extrême et froideur. A l'image de ces shows pervers - soft où les lycéennes inaccessibles s'offrent au voyeurisme au travers d'un miroir, on se voit dénier le plaisir de succomber naïvement aux mirages de cette culture adolescente. Mais l'humour sauve de l'excès d'imagerie glacée, et le bombardement publicitaire bigarré, chic et choc invite le spectateur à rentrer dans le jeu de cette création hybride, dense, à risque et avec plaisir.

Valérie de St Do (Sud Ouest, Avril 1997)