Sous le signe du nonsense, un texte pareil se prête évidemment à toutes les contorsions et parodies scéniques. Et Renaud Cojo ne s’en est pas privé. Sans débauche d’effets-le décor aussi minimal que loufoque, mais avec un goût prononcé pour le bruitage, le mauvais goût très sûr, et l’action débridée voire obscène. Ses quatre conférenciers s’autorisent tout : digressions intempestives et interpellations du public, gestuelle outrancière et grinçante. 

Valérie de St Do (Sud Ouest, 1992)

 

 Grâce à une présentation aussi débridée que rigoureusement maîtrisée, ces taxidermistes nous entraînent dés les premières secondes dans un monde où nos repères habituels sont balayés. Ici tout devient possible, c’est la raison du plus fou qui mérite de triompher. »

Jean - Marie Wynants (Le Soir, 1994)

Chacun revendique sa bête, concertise, s’envole dans d’extravagantes visualisations puis, impulsivement, se laisse avaler par l’improvisation intempestive. L’indescriptible quatuor perd alors le contrôle, et la ménagerie s’exalte jusqu’aux élucubrations les plus animales, tout à coup éberluées de scrupules, pour mieux replonger dans le délire sauvage des instincts débridés et des tabous bafoués. Ils sont impressionnants, impudents, réjouissants, jamais vulgaires. Tout les dépasse et les acteurs s’y surpassent. »

 Claire Diez  (La Libre Belgique, 1994)

C’est plus qu’intéressant, ça a le mérite d’être nouveau. Il faut vraiment aller les voir, c’est tout à fait étonnant. On s’amuse beaucoup, on rit beaucoup, on est agressé aussi. Quand le spectacle commence, ça ne s’arrête plus : ça crie, ça part dans tous les sens. Le corps s’exprime, la voix aussi, et on est embarqué dans cette conférence délirante pleine de folie, de naïveté, de lyrisme, d’extravagance et de jovialité exacerbée pendant 50 minutes. 

Noëlle Bréham  (France Inter, 1994)

Je ne me souviens pas d’avoir rencontré souvent au théâtre, une telle frénésie, une folie aussi débridée ouvrant sur la poésie et l’expression joyeuse de cette sexualité-d’avant-la-faute.Rien n’arrête ces généreux comédiens : ils chantent, plongent et nagent dans la paille, ils se font une compétition féroce, se marchent sur les pieds, consultent l’invisible souffleur, se disputent avec lui, se giflent et s’embrassent, envahissent la salle pour murmurer un secret à l’oreille d’un spectateur ou lui donner un baiser sonore, comparent leur sexe, copulent comme des coccinelles en invertissent les rôles de manière très dégagée. L’ivresse des relations affectives se mêle aux corps et aux cris (...). Si jamais ces délirants Français reviennent au Québec, il ne faut pas les rater. 

Solange Levesque  (Le Devoir de Montréal, 1995)